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28/05/26 Information du Pouvoir judiciaire Prestation de serment des magistrates et magistrats du Pouvoir judiciaire

La prestation de serment des magistrates et magistrats du Pouvoir judiciaire a eu lieu ce 27 mai 2026, à Saint-Pierre pour un mandat de six ans, qui débutera ce 1er juin 2026.

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Le mercredi 27 mai 2026, près de 530 magistrates et magistrats réunis à Saint-Pierre ont prêté serment devant le Grand Conseil lors d'une session extraordinaire

Par ce serment intervenant avant leur entrée en fonction, fixée au 1er juin 2026, les magistrates et magistrats jurent ou promettent notamment d'être fidèles à la République et canton de Genève, de se conformer strictement aux lois et d'exercer leur charge avec dignité, rigueur, assiduité, diligence et humanité. La durée de leur mandat est de six ans. 

A cette occasion, M. Olivier Jornot, procureur général et président de la Commission de gestion du Pouvoir judiciaire, a prononcé un discours.

1. Le mode d'élection des magistrates et magistrats

  • A l'exception des juges prud'hommes, élues et élus par le Grand Conseil, les magistrates et magistrats titulaires du Pouvoir judiciaire, soit du Ministère public, du Tribunal civil, du Tribunal pénal, du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, du Tribunal des mineurs, du Tribunal administratif de première instance, de la Cour de justice, ainsi que de la Cour d'appel du Pouvoir judiciaire, sont élues et élus tous les six ans par les citoyennes et citoyens genevois, sous la forme d'un scrutin à deux tours. Les magistrates et magistrats non titulaires sont également élus tous les six ans par le Grand Conseil. 
  • Cette élection revêt toutefois une forme tacite lorsque le nombre de candidates et candidats à élire ne dépasse pas le nombre de postes à pourvoir. C'était le cas cette année, sauf pour l'élection du procureur général qui a fait l'objet d'un scrutin populaire.

 

Les domaines de la justice genevoise

  • Le Pouvoir judiciaire réunit l'ensemble des autorités chargées de rendre la justice à Genève.
  • En première instance, les juridictions se répartissent dans les filières pénale, civile et de droit public.
  • En deuxième instance, la Cour de justice est la plus haute juridiction cantonale et comprend une cour dédiée à chacune des trois filières.

En 2025, plus de 120'000 procédures judiciaires ont été traitées à Genève, dont:

  • 54% relève de la filière civile;
  • 41% concerne la filière pénale;
  • 5% pour ce qui a trait à la filière de droit public.

 

La filière civile

  • Les juridictions civiles tranchent les litiges entre personnes physiques ou morales découlant, par exemple, de leurs rapports contractuels ou commerciaux.

  • Elles sont également compétentes en matière de droit des personnes (successions, divorces, curatelles) et d'exécution forcée, notamment des faillites.

La filière civile comprend:

  • le Tribunal civil (Tribunal de première instance, Tribunal des baux et loyers et Commission de conciliation en matière de baux et loyers);
  • le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant et la Justice de paix;
  • le Tribunal des prud'hommes;
  • la cour civile de la Cour de justice, compétente notamment pour connaître des appels formés contre les décisions des tribunaux précités.
     

Organigramme de la filière civile

Organigramme de la filière civile

 

La justice civile: Le divorce de Fabienne et Alexandre

Après plusieurs années de mariage, Fabienne entame les démarches pour divorcer de son mari Alexandre. La procédure devant le juge voit notamment se tenir une audience de conciliation.
La justice civile tranche les litiges entre les particuliers, découlant par exemple de leurs liens familiaux.

La filière pénale

Sur le plan pénal, les juridictions poursuivent et jugent les personnes prévenues d'avoir commis des infractions, à savoir, suivant leur gravité, une contravention, un délit ou un crime.

La filière pénale comprend:

  • le Ministère public;
  • le Tribunal pénal (Tribunal des mesures de contrainte, Tribunal de police, Tribunal correctionnel, Tribunal criminel et Tribunal d’application des peines et des mesures);
  • le Tribunal des mineurs;
  • la cour pénale de la Cour de justice, qui tranche les recours et les appels formés contre les décisions des juridictions précitées.
     

Organigramme de la filière pénale

 

La justice pénale: Sur la piste du cambrioleur

Un couple est victime d'un cambriolage. Un suspect est appréhendé par la police puis mis à la disposition du Ministère public.
La justice pénale poursuit (Ministère public) et sanctionne (Ministère public ou tribunaux) les auteures et auteurs d'infractions, soit les contraventions, les délits et les crimes.

La filière de droit public

  • La filière de droit public statue sur les recours interjetés par des administrées et administrés contre les décisions de l'administration, des établissements autonomes de droit public tels que les HUG ou les TPG, ou encore des sociétés de droit privé investies de prérogatives de droit public, telles que les sociétés d'assurances-maladie.
     

  • Ces cas sont traités par :

    • le Tribunal administratif de première instance
      et       
    • la cour de droit public de la Cour de justice
      Cette dernière tranche les recours formés contre les jugements du Tribunal précité. Elle est aussi compétente, comme instance cantonale unique, pour connaître des recours contre les lois et règlements, les votations et élections ou les initiatives (chambre constitutionnelle), contre les décisions prises en matière d'assurances sociales (chambre des assurances sociales) ou encore contre les autres décisions de l'administration, notamment en matière de fonction publique, de marchés publics ou d'aménagement du territoire (chambre administrative)
       
  • La filière de droit public comprend en outre la Cour d'appel du Pouvoir judiciaire qui tranche, en dernière instance cantonale, les recours contre les décisions ayant une portée interne au Pouvoir judiciaire.
     

Organigrame de la filière de droit public

 

La justice de droit public: Le garage de la discorde

Clément souhaite faire construire un garage sur sa parcelle. Son voisin s'y oppose. Une autorisation de construire est accordée à Clément par l'administration. Un recours est déposé et une procédure devant le tribunal démarre.
La justice de droit public tranche principalement les recours des particuliers contre des décisions de l'administration.

3. Les prérogatives du procureur général

  • Elu à la majorité absolue dès le 1er tour pour la prochaine législature (2026-2031), le procureur général a plusieurs missions.

  • A la tête du Ministère public, qu'il dirige, il définit la politique criminelle et instruit en outre les procédures de son cabinet.

  • Membre de droit de la Commission de gestion du Pouvoir judiciaire, il préside cette dernière en alternance avec le président de la Cour de justice.

  • Le procureur général est enfin membre de droit du Conseil supérieur de la magistrature et de la Conférence des présidents de juridiction.

 

4. La Constitution, garante de l'indépendance du Pouvoir judiciaire

  • Principe fondamental de l'Etat de droit, la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire figure expressément dans la Constitution genevoise, laquelle est entrée en vigueur le 1er juin 2013.
     

  • La Constitution consacre l'indépendance des magistrates et magistrats dans l'exercice de leur charge. Cela signifie qu'aucune pression ou influence ne sauraient être exercées sur leurs actes ou leurs décisions.
     

  • Pour garantir cette indépendance, le constituant et le législateur genevois ont garanti l'autonomie du Pouvoir judiciaire dans la gestion des ressources mises à sa disposition par le Grand Conseil.

  • Le législateur a confié la mission d'organiser et de gérer le Pouvoir judiciaire à sa Commission de gestion, composée:

    • du procureur général, qui la préside en alternance avec le président de la Cour de justice;

    • de deux magistrates et magistrats titulaires représentant chacun les deux filières non représentées par la ou le président de la Cour de justice;

    • d'une ou d'un membre du personnel.
       

  • Elle est assistée dans ses travaux par le secrétaire général, qui y siège avec voix consultative.
     
  • Elle publie chaque année un compte-rendu de l'activité de Pouvoir judiciaire.

  • La Commission de gestion a notamment pour compétence d'arrêter la politique du Pouvoir judiciaire en matière de haute direction, de ressources humaines, de systèmes d'information, de finances, de logistique, de sécurité et de communication. Elle adopte les règlements nécessaires à cet effet.    

 

5. Les conditions d'éligibilité des magistrates et magistrats

  • La magistrature judiciaire regroupe des magistrates et magistrats titulaires, des juges suppléantes et suppléants et des juges assesseures et assesseurs, ainsi que les cinq magistrats et magistrats de la Cour d'appel du Pouvoir judiciaire, dont les conditions d'éligibilité diffèrent en partie.

  • Juges titulaires

Pour être éligibles, les magistrates et magistrats titulaires, catégorie qui comprend les procureures et procureurs et les juges de carrière, doivent:

  • être au bénéfice du brevet d'avocat;
  • pouvoir justifier de trois ans de pratique professionnelle;
  • être de nationalité suisse;
  • avoir l'exercice des droits politiques à Genève;
  • jouir d'une bonne réputation;
  • ne pas faire l'objet d'un acte de défaut de biens.
  • Ne pas avoir été relevé de sa charge par le conseil supérieur de la magistrature durant les 10 années précédant l’élection judiciaire visée et ne pas avoir été destitué par le conseil.

Au 1er juin 2026, les juridictions compteront 171 magistrates et magistrats titulaires (116 femmes, soit 68% et 55 hommes, soit 32%).

Vidéos sur le rôle du procureure et du juge au Pouvoir judiciaire
 

  • Juges suppléantes et suppléants

    • Les juges suppléantes et suppléants doivent remplir les mêmes conditions d'éligibilité que les magistrates et magistrats titulaires.
    • Ils renforcent les juridictions et sont mis en œuvre de manière occasionnelle. Il s'agit le plus souvent d'avocates ou avocats ou d'anciennes magistrates et d'anciens magistrats du Pouvoir judiciaire.
    • Au 1er juin 2026, les tribunaux compteront 89 magistrates et magistrats suppléants.
  • Juges assesseures
     
    • Les juges assesseures et assesseurs siègent dans certaines juridictions, en principe dans le but de faire bénéficier le tribunal de compétences techniques spécifiques (santé, psychiatrie, éducation, travail social, fiscalité, construction, etc.) ou de lui apporter la sensibilité des milieux intéressés dans des contentieux politiquement ou socialement sensibles (droit du bail, droit des assurances sociales).
    • Pour ces magistrates et magistrats, qui n'exercent leur activité qu'à titre accessoire, les conditions d'éligibilité ne requièrent pas forcément de connaissances professionnelles du droit.
    • Au 1er juin 2026, les tribunaux compteront 271 magistrates et magistrats assesseurs.

 

6. Le contrôle des magistrates et magistrats dans l'exercice de leur charge

  • Ce conseil est actuellement composé:

    • du président de la Cour de justice, qui le préside;
    • du procureur général;
    • de deux magistrates;
    • de trois membres nommés par le Conseil d'Etat;
    • de deux avocats désignés par leurs pairs.
       
  • Cet organe disciplinaire surveille les magistrates et magistrats pendant la durée de leur mandat, en veillant à ce qu'ils exercent leur charge conformément au serment qu'elles ou ils ont prêté.
     

  • Les décisions du Conseil supérieur de la magistrature peuvent être contestées auprès de la Cour d'appel du Pouvoir judiciaire.